Assise sur une chaise bancale au beau
milieu de son potager, je la regarde prendre soin de ses cultures. Vêtue d'un léger pantalon rouge et d'un vieux tee-shirt blanc, elle prend à coeur
d'arracher les mauvaises herbes qui assassinent inlassablement son travail agricole. De gros sabots protègent ses pieds des orties et autres herbes piquantes qui dansent amoureusement autour de
ses légumes. Avec une ardeur plutôt masculine, elle plonge sa bêche dans la terre asséchée et tente désespérément d'oter les chardons et les chien-dents qui
enlaidissent ses plantations.
Mince, élancée, cette jeune institutrice aime travailler la terre de ses mains. La nature est son refuge. Seule, entourée de concombres, de salades et d'échalotes, elle incarne la femme moderne qui prend un immense plaisir à entretenir son potager. Le soir après l'école ou le week-end, elle revêt son habit d'agricultrice et part câliner ses fruits et ses légumes. Passionnée par la nature, cette activité n'est en aucun cas une corvée pour elle. Au contraire, je la regarde sourire à chaque coup de bêche qu'elle enfonce durement dans cette terre aride.
Ses cheveux s'évadent de son
élastique mais elle poursuit imperturbable son travail si physique. Quand le sol lui résiste, elle reste concentrée, elle s' acharne sans s'énerver. Quelques
paroles lui échappent, jamais vulgaires, juste quelques mots pour m'informer de ses trouvailles : une herbe rebelle et une pomme de terre venue se lover contre les détritus verts. Elle continue
de tourner et de retourner la terre. Devant moi dort maintenant une terre plus humide, à la couleur plus foncée.
Elle a les joues rouges. Elle transpire. La violence du soleil en ce jour férié ne l'aide pas. Au contraire, il lui rend ce travail plus pénible.
Elle me regarde.
Une pause s'impose. Il est 17h20. Le soleil lui brûle la peau. Quelques minutes de répit et elle reprend avec force et détermination l'entretien de son
domaine. Accroupie, elle arrache à mains nues les lierres et les liserons qui pullulent et étouffent ses fraises et ses oignons. La bêche est posée par terre.
Une jeune femme blonde à l'allure plutôt citadine passe près du jardin. Elle vient chercher un peu d'eau dans son arrosoir pour donner à boire à ses propres légumes. Habillée d'une jolie robe aux fines bretelles, j'ai quelques difficultés à l' imaginer jardiner. Perchée sur des hauts talons, elle n'a pas vraiment l'allure d'une fille de la terre. Je me trompe certainement... Elle disparaît de mon paysage et se dirige vers son domaine...
Cindy poursuit inlassablement sa quête de propreté naturelle. Je commence de mon côté à sentir la
brûlure du soleil dans mon dos. Il est l'heure de préparer le repas. Nous arrêtons ensemble nos activités respectives. Elle range sa bêche, je pose mon stylo. Au menu? Courgettes du jardin bien sûr!



Voilà... Il est 20h33. Je suis lavée, démaquillée, légèrement vêtue et
Etienne,
comme chaque mercredi midi, m'attendait pour me faire faire des exercices afin de muscler
18h, re re coup de fil d'Isa pour aller à notre traditionnelle 

































A vos plumes...