Il est préférable de mourir en route pour un idéal trop élevé que de ne pas partir du tout.


Ma pub coup de coeur
Regarder le journal de 20h, c’est observer toute la misère du monde, ses dérives, ses horreurs. C’est vivre en trente minutes toute l’angoisse des peuples qui déambulent sur notre planète.
Ce sont d’immenses vagues qui inondent les habitations des réunionnais. Ce sont les larmes versées quand le mobilier n’est que désuétude. C’est la peur de mourir dans les flots de cette mer, pourtant considérée comme un trésor de quiétude par les métropolitains. C’est la lassitude d’être victime des aléas climatiques. Après la violence du volcan, l’inondation. La nature est suprématie. Phallique, elle est toute puissante. Les hommes subissent ses colères, ses envies, ses humeurs.
L’actualité, ce sont aussi les disparitions d’enfant. Des petites filles qui jouent calmement dans le jardin public, qui descendent en riant du toboggan, qui font des châteaux de sable, qui regardent du coin de l’œil leur maman assise tranquillement sur le banc. Ce sont ces mêmes petites filles qui ne voient pas qu’un méchant homme les surveille, elles aussi, du coin de l’œil. Ce sont ensuite les mamans qui pleurent à chaudes larmes parce qu’en une minute d’inattention leur enfant a disparu. Envolé, perdu. Alors viennent inexorablement la culpabilité, le désarroi, l’inquiétude. Pendant des jours, des semaines, parfois même des années, ces petites filles vont être recherchées… Mais le méchant homme les a cachées dans un endroit inaccessible pour les gendarmes. Et il joue avec, comme il jouait avec ses poupées quand il était lui-même enfant. Il les habille, les déshabille… Ce sont des visages d’anges qui hantent notre télé et nos mémoires. Espoir…
Le journal, c’est aussi ces guerres, ces enfants de 8 ans qui, arme à l’épaule, combattent sans savoir vraiment contre qui ils se battent et pourquoi. Les grands, les adultes en qui ils croient leur ont dit de tuer des gens. Par peur d’être enguirlandés, ils s’exécutent. Le journal, c’est ça : des p’tits bouts qui dansent au milieu des bombes, qui crient, qui ont les tympans percés par le bruit des mitrailleuses. Où est papa ? Il s’est fait explosé pour ses idéaux. Admire-le ; il est mort pour une idéologie, pour des convictions. Mais maintenant, qui va prendre soin de ce gosse de 8 ans qui fera le mendiant dans les rues, qui cherchera dans les poubelles de quoi se nourrit, qui se fera enrôler lui aussi dans des groupes dont la religion est maîtresse de l’âme ? Qui ?
A 20h, on voit aussi des vidéos. Des petits films qui montrent deux enfants de 10 ans se battre l’un contre l’autre avec des gants de boxe. Les arbitres, deux adolescents de 17 ans, scandent leur nom pour que ces deux p’tits gars leur offrent un beau spectacle. La caméra tourne ! Les enfants pleurent de douleur, mais il faut poursuivre le combat… sinon, les grands vont les taper. Ils imaginent avec réalisme que les gifles de ces deux hommes leur feront plus de mal que les coups qu’ils se donnent. Le téléphone portable sera ensuite connecté à l’ordinateur et les images de cette lutte seront mises sur le net. Elles arriveront ensuite dans les coulisses du journal de 20h. Une nouvelle horreur à montrer à la population. C’est aussi l’actualité…
Pour éviter que
C’est ça le journal de 20h. C’est la vie, notre vie et celle des autres…
J’ai le cœur empli de chagrin.

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A vos plumes...