Cher Journal,
... Je perds toute confiance. Ce qui maintient ma foi en une destinée prospère, c’est le discours des autres. Ceux qui me disent que la vie est agréable participent assurément à l’épanouissement de mon âme : le bonheur existe vraiment… Cependant, il m’arrive de dialoguer avec des personnes détruites psychologiquement, des gens qui, comme moi, perdent tout espoir et aimeraient fuir cet état anémique que les années leur ont infligés. Alors, les rôles s’inversent...
Je mets mon costume de
Samaritain et prononcent des paroles bienveillantes. Je leur dis que la vie est belle et qu’il y a sur cette terre des gens qui les aiment. Que partir volontairement rejoindre le paradis, c’est
faire souffrir délibérément ceux qui vous apprécient et qui prennent du temps pour vous réconforter quand les larmes inondent votre doux visage. Mourir pour espérer un état plus serein de l’autre
côté n’est pas la solution. L’épreuve est dans la réalité : combattre et vaincre. Et sortir victorieux de cette lutte contre la maladie, la dépression, la
solitude, les problèmes financiers, le deuil ou la séparation rend les gens plus forts. Une certaine fierté naît de cette bataille et l’ego s’épanouit alors. Et moi qui pensais ne plus avoir la
force de résister à mes problèmes, je me retrouve à divulguer des messages d’espoir et de force spirituelle. Tout en essayant de convaincre l’Autre, je me convaincs moi-même.
Cette après-midi, j’ai discuté avec une femme dont l’existence actuelle est plutôt chaotique.
Fâchée avec deux de ses trois enfants dont un qui flirte outrageusement avec la drogue, un mari volage, une dépression qui l’affaiblit, cette femme d’une cinquantaine d’années trouve pourtant
chaque matin la force de se lever et d’exister. Certes, j’imagine aisément son visage vieilli par le chagrin, mais elle a quand même le courage de vivre. Et vous savez ce qui la maintient en
vie ? C’est l’aide qu’elle peut apporter aux autres, à des gens qu’elle ne connaît pas physiquement, mais à qui elle tend gentiment la main… et elle m’a tendu cette main, à moi, Gwenn,
qu’elle ne connaît ni d’Adam ni d’Eve. Et c’est ensemble que nous faisons front : je l’écoute, la conseille et réciproquement.
Dans ce monde qui devient de plus en plus égoïste, il y a encore un peu d’humanité et d’empathie.
Alors, cher journal, même si certaines personnes te blessent et te montrent le côté sombre de l’être humain, saches que la générosité est encore de mise et que c’est la bonté des hommes qui m’offre encore aujourd'hui une once d'espoir...




Cette saison hivernale voit arriver sur nos écrans
des films certes différents mais tous de grand talent. J’aime m’enfermer dans cette salle obscure et être spectatrice d’existences fictionnelles qui néanmoins font inévitablement référence à des
vies bien réelles. Je cesse pour quelques heures de considérer avec narcissisme ma propre destinée et observe avec réflexion celle de ces personnages nés de l’imaginaire d’un auteur…
C’est un film étrangement sombre, parfois violent psychologiquement (une femme se fait torturer, ses kidnappeurs lui enlèvent son bébé encore vivant dans son propre ventre).
Mettre en relation le passé des personnages et leur présent m’a posé véritablement problème. Beaucoup de personnages interagissent et j’ose avouer que je me suis littéralement perdue dans les
noms. Ce n’est pas évident ensuite de recréer les liens…
J’ai regardé sans ennui ce film de près de deux heures… Mais à la sortie du cinéma, je n’étais pas en mesure de juger de sa valeur: avais-je apprécié ou pas ? Ce dont je
suis certaine, c’est ma déception par rapport au temps de Vanessa Paradis sur l’écran. Elle apparaît peu…

































A vos plumes...