Moi, la fille...

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A vos plumes...

Poèmes

Il est préférable de mourir en route pour un idéal trop élevé que de ne pas partir du tout.

Origène
 
Marche face au soleil sans craindre la brûlure du bonheur et laisse ton ombre lutter contre les ténèbres dans ton dos.
Li-Cam

Contrairement à ce que l'on peut penser, un simple regard peut percer le fond des puits et nous sauver.
Aggoune
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Oasis... La pub préférée de ma soeur!


 


L'album qui rythme en ce moment mes journées:
Vanessa Paradis
Divinidylle

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D'actualités...

 
Bonjour à tous!
Juste un petit mot pour vous dire que je fais escale quelques jours chez moi...
mais que je repars d'ici la fin de la semaine...
Je vais tenter de mettre un article cette semaine et de venir vous faire un p'tit coucou sur vos blogs...
En attendant, passez une agréable semaine!
Vendredi 29 décembre 2006

publié dans : journal d'une fille

Devant moi, un épais brouillard offre au paysage breton un caractère triste et énigmatique. J’aperçois à peine la silhouette des sapins qui bordent l’autoroute. Déshabillés de leurs feuilles, les arbres regardent avec admiration la circulation dense de cette fin de vacances. 

noel_033.gif (5437 bytes)Il n’est que 16h et pourtant les voitures ont mis leur habit de lumière. Dans cette atmosphère vaporeuse, leurs phares apparaissent comme des étoiles, proposant aux badauds des sièges passagers un spectacle des mille et une nuits. Les feux arrière des véhicules enjolivent cette tempête de blanc, l’inondant ainsi de scintillements rouges. Les propriétaires de ces engins motorisés, emmitouflés dans la chaleur artificielle de leur carosse du 21ème siècle, ignorent l’ambiance glaciale de cette fin de journée. La température extérieure flirte pourtant outrageusement avec les 2°C. L’hiver est bien là. Il s’est imposé à nous avec subtilité, à pas de loups, alternant jours ensoleillés et pluies délicates.Mvc-004f.jpg (29974 octets)

Mais en ce début de soirée, on ne peut nier sa présence. Tout semble figé par cette saison à la froideur exotique. Imaginer un mois de décembre sans ce sous entendu neigeux me paraît impossible. Certains aiment fêter Noël sous le soleil des tropiques. Je ne peux penser m’évader de cette sombre météo. Noël est pour moi synonyme de froid, de bonhomme de neige, de nez qui coule, de négligence diurne, de pull à col roulé. Malgré tout cela,j’aime cette saison! 

Il est 17h. Le brouillard tombe de plus en plus. L’obscurité rend difficile la circulation. Les phares des autos ont perdu de leur attrait. Au contraire, ils engendrent des douleurs migraineuses et éblouissent violemment le regard de ces chevaliers de la route. La vitesse de ces chars modernes diminue. La prudence est de mise. Je ne distingue presque plus les maîtres de la nature : les arbres qui nous montraient auparavant le chemin fuient dans cette vapeur opaque. Ils disparaissent avec grâce et arrogance, nous laissant seuls pour vaincre les difficultés de ce temps. Les routes sont en outre sinueuses. En alliées, elles aident le brouillard à nous décontenancer. Dans quel but ? Un combat entre la nature et l’être humain… Qui aura le dernier mot ? Les disciples d’Eol contre les descendants d’Adam, la magie d’une rencontre, tumultueuse et mystérieuse… Bonne route !

par gwenn
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Mercredi 13 décembre 2006

publié dans : journal d'une fille

Patiemment, j’attends.

Ce couloir, lieu culte de l’autoréflexion, est étroit. C’est le passage privilégié entre la vie au quotidien et l’analyse de cette existence pourtant si commune. Quatre chaises en plastique de couleur mandarine offrent à ce petit espace une lueur d’espoir. Ces objets si anodins égaient l’attente de celle qui va bientôt se faire ausculter l’âme : moi. Des anciens magazines se reposent sur la table basse, des magazines qui témoignent de la chaleur de l’été passé. Sur le mur en face de moi, une affiche qui invite à une exposition d’artiste peintre. La date est dépassée.  Enfin, à ma gauche, à hauteur des yeux, un numéro a appelé en cas de crise… La fenêtre de cette salle est fermée à clé et barricadée… Ils ont peur que, dans un dernier souffle, leur patient ait envie d’être totalement libre et que dans un instant de pure folie il ait le rêve de s’envoler comme un oiseau. Ne plus toucher terre, virevolter au gré du vent, fermer les yeux et se sentir vivre grâce à la douceur du souffle de Dame Nature…

Que vais-je lui dire aujourd’hui ? Lui raconter ma soirée ? Non, c’est sans importance. Mes problèmes professionnels ? Je ne crois pas que ce soit eux qui m’aient entraîné jusqu’à elle… On verra bien : mon âme a des douleurs passées qu’il faut soigner. Mes lèvres bougeront au gré de mes idées et des révélations vont éclairer mon sentiment de confusion dans cette vie qu’est la mienne…

De l’autre côté de la porte, j’entends quelqu’un se moucher. Est-ce la rudesse de cette saison hivernale qui a engendré cet acte ou une confidence jusque là secrète ? Je tends l’oreille. Je veux connaître les raisons de ces pleurs : sa tristesse m’est peut-être commune… La boite de mouchoirs tombe.

Quand notre âme se révèle, cela fait souvent mal. Mais, la souffrance permet d’avancer et d’aspirer à un mieux être…

 La porte de l’autre côté s’ouvre. Les gens malheureux ne doivent pas se rencontrer : la douleur psychique est-elle contagieuse ? De toute façon, si on est là, c’est qu’on est déjà malade. Est-ce alors la honte de consulter un médecin de l’esprit ? Je n’ai jamais eu la moindre turpitude à verbaliser mes angoisses à quelqu’un qui m’est inconnu. Il y a des personnes qui ne comprennent pas cette démarche. Rassurez-vous, je ne suis pas folle. La folie des hommes politiques, militaires ou riches est plus à craindre que mes troubles de l’âme…

Ma porte s’ouvre. On va pouvoir évacuer les démons qui perturbent la quiétude de mon existence. Finie la chaise en plastique, j’ai l’honneur de m’asseoir dans un beau fauteuil moelleux, toujours à la couleur mandarine. Cette couleur que je déteste dans mon quotidien semble avoir les vertus nécessaires pour apaiser mes craintes…

Elle me sourit. Son ventre bien arrondi me donne encore plus l’envie de lui parler. La femme enceinte offre aux autres femmes l’image de la bonté, de la sérénité, du calme, de l’amour.

Son visage radieux m’invite à me confier : je vous écoute. Confiez moi vos soucis, vos interrogations, vos attentes, vos doutes et vos espoirs… Alors, oui, je lui parle… D’abord avec timidité et réserve, puis avec fougue et sans complexe. Il n’y a plus de barrière, pas de honte, aucun tabou. Pendant une quarantaine de minutes, je lui ouvre mon âme et mon cœur. Je vomis mon malheur, j’extériorise mon mal-être. Elle ne porte aucun jugement. Son visage est figé de ce sourire si encourageant : parle-moi, parle-moi… Son oreille attentive me donne confiance en elle. Elle se souvient de ce que je lui ai dévoilé la semaine dernière, elle me montre qu’elle entend ce que je lui dis. C’est si important de se faire entendre… Elle accorde de la valeur à ma parole, elle me reconnaît dans ma singularité, elle me fait exister…

Et puis, il faut se quitter. La séance s’achève. De l’autre côté de ma porte, il y a une autre personne en souffrance qui attend patiemment de cracher son malheur et ses désillusions. Ma psychologue va entendre toujours avec attention les déboires d’un autre individu. Elle oubliera mes problèmes pour quelques jours et se les remémorera deux minutes avant d’ouvrir cette fameuse porte. Comment fait-elle pour ne pas avaler toute cette souffrance humaine et se faire mal elle-même avec cela ? Quand elle descend les escaliers de son cabinet, quand elle ferme la porte d’entrée, quand elle entre dans sa voiture, elle ne pense plus à nous et vit avec bonheur et joie les moments de sa propre vie. Heureusement pour elle. Nous nous sentirions coupables s’il en était autrement… Le bonheur des autres est peut-être contagieux, lui…

par gwenn
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