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Devant moi, un épais brouillard offre au paysage breton un caractère triste et énigmatique. J’aperçois à peine la silhouette des sapins qui bordent l’autoroute. Déshabillés de leurs feuilles, les arbres regardent avec admiration la circulation dense de cette fin de vacances.
Mais en ce début de soirée, on ne peut nier sa présence. Tout semble figé par cette saison à la froideur exotique. Imaginer un mois de décembre sans ce sous entendu neigeux me paraît impossible. Certains aiment fêter Noël sous le soleil des tropiques. Je ne peux penser m’évader de cette sombre météo. Noël est pour moi synonyme de froid, de bonhomme de neige, de nez qui coule, de négligence diurne, de pull à col roulé. Malgré tout cela,j’aime cette saison!
Il n’est que 16h et pourtant les voitures ont mis leur habit de lumière. Dans cette atmosphère vaporeuse, leurs phares apparaissent comme des étoiles, proposant aux badauds des sièges passagers un spectacle des mille et une nuits. Les feux arrière des véhicules enjolivent cette tempête de blanc, l’inondant ainsi de scintillements rouges. Les propriétaires de ces engins motorisés, emmitouflés dans la chaleur artificielle de leur carosse du 21ème siècle, ignorent l’ambiance glaciale de cette fin de journée. La température extérieure flirte pourtant outrageusement avec les 2°C. L’hiver est bien là. Il s’est imposé à nous avec subtilité, à pas de loups, alternant jours ensoleillés et pluies délicates.
Il est 17h. Le brouillard tombe de plus en plus. L’obscurité rend difficile la circulation. Les phares des autos ont perdu de leur attrait. Au contraire, ils engendrent des douleurs migraineuses et éblouissent violemment le regard de ces chevaliers de la route. La vitesse de ces chars modernes diminue. La prudence est de mise. Je ne distingue presque plus les maîtres de la nature : les arbres qui nous montraient auparavant le chemin fuient dans cette vapeur opaque. Ils disparaissent avec grâce et arrogance, nous laissant seuls pour vaincre les difficultés de ce temps. Les routes sont en outre sinueuses. En alliées, elles aident le brouillard à nous décontenancer. Dans quel but ? Un combat entre la nature et l’être humain… Qui aura le dernier mot ? Les disciples d’Eol contre les descendants d’Adam, la magie d’une rencontre, tumultueuse et mystérieuse… Bonne route !










































A vos plumes...