Le cœur serré, j’ai quitté l’appartement parisien de mon ami afin de
me rendre dans la grande ville du Calvados. C’est au zénith de Caen que nous allions fêter nos retrouvailles, elle et moi.
J’avais attendu posément ce moment pendant sept longues années. Depuis son dernier album « Bliss », elle avait choisi de vivre intensément son rôle d’épouse et de mère, loin des projecteurs et des paillettes. Quelques apparitions au cinéma, notamment dans
le long métrage « Mon ange », ont néanmoins fait patienter les fans de Vanessa Paradis. Mais la voir sur grand
écran ou entendre sa voix enfantine chanter de douces balades ne nous procure pas, à nous grands admirateurs, la même émotion. C’est donc avec une immense hâte que je suis allée l’applaudir dans
cette grande salle normande.
Peu de personnes étaient déjà présentes quand je suis arrivée devant la porte 5D. Ma sœur qui m’accompagnait et moi-même avons attendu à
peine heure avant que les portes ne s’ouvrent. Ayant des places numérotées, nous avons pu flâner devant le stand afin d’acheter quelques souvenirs et, après un bon chocolat chaud qui nous a
réchauffé nos corps crispés par la saison hivernale, nous nous sommes enfin dirigées vers l’entrée de l’escalier. Dans la fosse, des gens riaient et chantonnaient des mélodies de leur idole.
Pendant plus d’une heure, nous avons regardé le zénith se remplir d’une population très diversifiée. Un vieux monsieur âgé au moins de 75 ans a réussi à atteindre sa place avec l’aide d’une
ouvreuse. Aussitôt, les pompiers sont venus lui parler afin de s’assurer que tout allait bien. Je trouve cela fantastique et très courageux de sa part de défier le temps et la vieillesse pour
assister à un concert…
Enfin, les lumières se sont éteintes. De sa
petite voix nasillarde, Vanessa nous a présenté Ben Ricour qui allait chauffer la salle avant que la Belle ne fasse son apparition. Un p’tit mec assis sur un
tabouret, une guitare sur les cuisses, un drôle d’engin africain entre les pieds allait nous entraîner dans une ambiance très conviviale en interprétant des chansons dont les thèmes nous étaient
tous familiers.
Et puis, il a quitté la scène pour nous faire voyager au paradis…
Vanessa, vêtue d’un pantalon noir et d’un dos nu blanc à paillettes, est arrivée telle un ange au milieu d’un volcan en éruption. Assistée de trois musiciens,
la jeune femme a débuté son concert par une chanson de son dernier album « Irrésistiblement » écrit par l’énigmatique Brigitte Fontaine. Puis, dans
un tonnerre d’applaudissements, Monsieur Mathieu Chédid est arrivé près d’elle à pas de velours. Des chaussures
coordonnées au haut de Vanessa, un chapeau noir de gentleman, une guitare sur le torse, il n’a pas bougé de la scène pendant les deux heures de concert. Ensemble, ils ont revu le répertoire de
Vanessa et c’est dans une atmosphère d’euphorie raisonnable que nous avons tous chanté « Joe le taxi », « Natural High », Divine Idylle »,
« L’incendie », « Dis-lui toi que je t’aime »… Leur complicité réjouissait les spectateurs que nous étions. C’était comme si des potes prenaient plaisir à jouer
ensemble dans le garage de leurs parents. Après deux rappels et un ultime au revoir sur la chanson « Le tourbillon de la
vie » à capella, Vanessa Paradis et son acolyte M ont disparu dans le néant de cette salle de concert. Les lumières se sont rallumées. La magie ne s’est néanmoins pas évanouie. Nous
étions tous enchantés de ce moment de pur bonheur musical.
Depuis le début de sa carrière, je suis admirative de ce qu’elle
fait et de ce qu’elle est. Elle a bravée bien des épreuves et a toujours gardé la tête haute. Elle s’est battue pour ses rêves et aujourd’hui elle est épanouie dans sa vie intime et
professionnelle. Elle reste spectatrice de ce qu’elle vit sur scène et s’étonne d’entendre les gens chanter ses chansons. Elle a tout mon respect. C’était un concert
exceptionnel…
A vos plumes...