Il y a encore quelques semaines, j’avouais aimer mon travail plus que tout.
Etre auprès des enfants, leur transmette des savoirs, les voir rire était ma motivation de chaque matin. Je me levais avec vivacité et était excitée à l’idée de mettre en place des projets pédagogiques mûrement étudiés.
Après des heures de réflexion, je mettais en mots ma démarche didactique dans le seul objectif que mes élèves apprennent des choses.
Quand on est enseignante, on ne doit pas compter le temps. Chaque soirée, chaque mercredi, chaque week-end, on pense à nos élèves et à la manière de les mener avec enthousiasme jusqu’au bout du programme afin que leurs acquis s’améliorent en qualité et en quantité. Mes élèves qui n’ont que 5 ans apprécient d’apprendre des choses en se divertissant.
Il faut alors penser à la conception d’un jeu ludique et pédagogique puis passer à sa réalisation car tout ne peut être acheté. Dans mon école de campagne, le budget est réduit. Après l’achat des cahiers et du petit matériel quotidien, il ne nous reste que peu d’argent. C’est pourquoi il faut être doué de ses mains et concevoir nous même les jeux ! Cela demande bien évidemment du temps… Être institutrice est une véritable vocation, elle en devient notre identité.
Pourtant, depuis quelques temps, cette volonté de passer mes soirs dans les livres, de construire des projets en mathématiques, en littérature ou en découverte du monde a failli. La lassitude peut-être, l’angoisse d’une future inspection et l’exigence d’un travail remarquable sans doute, mais surtout un malaise général dans ma classe. Mon propre malaise qui allait bientôt devenir celui des enfants. Et ça, je ne le souhaitais pour rien au monde.
Cette année, le maintien d’un calme apaisant, propice au travail, est très difficile à trouver. Les élèves sont particulièrement bavards et de temps à autre agressifs. Lors des ateliers, il n’est pas rare de les prendre en flagrant délit de se taper dessus ! Punir, rouspéter, parfois même crier me devenait insupportable. Ma peur de les rebuter de l’école devenait de plus en plus pesante. Cette idée m’obsédait. Il fallait que je réagisse vite pour le bien de tous.
Alors, un soir, après une journée harassante, je me suis posée quelques heures et seule j’ai médité sur ce qui n’allait pas cette année dans ma classe. Où avais-je dérapé ? Que s’était-il passé ? J’ai commencé à faire des hypothèses et à envisager des solutions. J’en ai ensuite discuté autour de moi, avec mes collègues bien sûr, mais aussi avec mon compagnon qui a plus de recul et qui a su pointer mes erreurs. Ensemble, nous avons construit une démarche pour résoudre ce problème…
Aussitôt dit, aussitôt fait : le lendemain, je mis en place mon stratagème. Plus de fermeté dans mes propos, moins de temps libre pour les élèves puisque source inévitable de bavardages, maintien des jeux pour transmettre des savoirs, plus d’aide individuelle et… un sourire constant sur mon visage pour les mettre en confiance malgré leurs difficultés à entrer dans l’apprentissage de la lecture.
Le résultat ? Aujourd’hui, j’ai passé une agréable journée et je suis persuadée que les enfants également. Nous avons travaillé dans le calme, il n’y a eu que quelques conflits, mais rien de grave. Nous avons rigolé ensemble, bien que je n’autorisais aucun dérapage. Nous avons beaucoup débattu sur le fait qu’une ambiance de travail était une ambiance calme. Apprendre des choses demande beaucoup à un petit être, c’est pour cela qu’il ne faut pas sans cesse discuter avec son camarade de classe. Cela le perturbe et perturbe les autres.
Je suis satisfaite de ce chemin. Je suis convaincue que j’ai enfin trouvé la réponse à toutes mes interrogations. Je crois que demain, je me lèverais volontiers pour aller à l’école !

Ce billet a été rédigé en début de semaine, mais un problème informatique m'a empêché de le poster plus tôt. Ce soir, je suis en vacances et ce, pour un peu plus d'une semaine. Je vous raconterai à la rentrée si tout est encore rose!




A quelques mètres de mon lit, je vois clignoter la lumière orange du chauffage. A l’extérieur de ma couche, je prends conscience qu’il doit vraiment faire froid. Aurais-je l’audace d’affronter une température qui semble flirter avec le bas du thermomètre ? Inconsciemment, je remonte délicatement le drap couvert par quatre couvertures épaisses. Où vais-je trouver la force de combattre cette inquiétante atmosphère glaciale ? Devrais-je renoncer avec lucidité à cet espace doux, chaud et agréable pour m’enfoncer dans un univers polaire ? La folie empoisse-t-elle mon sang ?
Douloureusement, j’ordonne à mon corps de se retourner. Je me retrouve face à mon réveil qui de sa lumière rouge m’annonce qu’il est 9h23. Habituellement, je suis déjà à mon poste de travail, devant l’ordinateur, à préparer mes cours pour la semaine à venir. L’angoisse commence à se propager parcimonieusement dans mon esprit. Il faut que je me lève… Que la force soit avec moi!

































A vos plumes...