Moi, la fille...

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A vos plumes...

Poèmes

Il est préférable de mourir en route pour un idéal trop élevé que de ne pas partir du tout.

Origène
 
Marche face au soleil sans craindre la brûlure du bonheur et laisse ton ombre lutter contre les ténèbres dans ton dos.
Li-Cam

Contrairement à ce que l'on peut penser, un simple regard peut percer le fond des puits et nous sauver.
Aggoune
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D'actualités...

 
Bonjour à tous!
Juste un petit mot pour vous dire que je fais escale quelques jours chez moi...
mais que je repars d'ici la fin de la semaine...
Je vais tenter de mettre un article cette semaine et de venir vous faire un p'tit coucou sur vos blogs...
En attendant, passez une agréable semaine!
Vendredi 27 juillet 2007

publié dans : journal d'une fille

J’ai pourtant l’habitude de regarder des émissions sans réel intérêt, mais celle-ci dépasse, selon moi, les summums de l’imbécillité. Comment peut-on apprécier d’observer des couples se déchirer ? Quelle satisfaction peut-on avoir à être le spectateur de tant d’irrespect, de mensonges, de trahison et de peine ? J’ai regardé une seule diffusion : avant de critiquer, il faut savoir de quoi on parle. J’ai regardé l’émission avec un tel accablement que je suis convaincue maintenant de mon opinion sur « L’île de la tentation » : c’est une honte.

Pour me rassurer, ma sœur dit que ce sont de faux couples. Des acteurs de série B qui simulent leur attachement pour passer quelques semaines à la télévision. J’espère qu’elle a raison ; cela me rassurerait sur la bienveillance de la nature humaine.

Et si ce n’était pas le cas… Comment des gens peuvent vouloir volontairement jouer avec leurs sentiments amoureux ? Comment est-ce possible de choisir de participer de façon consciente à une telle émission et flirter inévitablement avec le Diable ?

Pour ceux qui ne connaissent pas cette idiotie télévisuelle, je vous résume le principe :

Des couples sont séparés pour une durée très minime de douze jours. Les filles débarquent sur une île paradisiaque où une dizaine d’hommes ont pour objectif de les séduire. Leur mission est de faire craquer ces femmes éconduites pour qu’elles mettent fin à leur histoire d’amour. Pour les garçons, c’est la même chose. Ils échouent au beau milieu d’une mer turquoise où des sirènes à la plastique irréprochable les attendent pour les capturer dans leur filet. A la fin de ces drôles de vacances, les couples doivent décider de repartir ou pas ensemble. Or, il s’avère que pour la plupart des couples il y a eu tromperie. Les hommes, généralement, ne résistent pas une seule journée à la beauté des séductrices qui aiment ensuite se vanter de leur victoire devant les caméras : la tentation du corps a eu raison des sentiments.

Certes, la mise en scène proposée par la production a été très étudiée : un décor de rêve où les cocotiers, la plage de sable fin, les huttes aux toits de paille offrent aux participants une ambiance propice à l’allégresse. Un temps magnifiquement ensoleillé et une mer cristalline permettent aux anges diaboliquement manipulatrices de se pavaner toute la journée en maillot de bain, exhibant ainsi aux yeux des pauvres mâles leur sculpturale plastique.

Bien sûr, cette dernière réflexion est ironiquement tragique. Je n’excuse nullement ces hommes qui préfèrent, pour quelques heures de folie bestiale, mettre en péril leur histoire d’amour. Mais, dans ce cas là, peut-on sérieusement parler d’amour ?

Je ne crois pas que ces couples, s’ils sont réels, soient durables. D’abord, leur âge témoigne d’un manque de maturité : à l’heure actuelle, est-ce qu’une gamine de 18 ans peut sérieusement envisager de faire sa vie avec le seul homme qu’elle n’ait véritablement connu ? Je formule de sérieux doutes. En outre, la majorité de ces couples ne se fréquente que depuis un an. C’est peu pour déjà envisager de mettre en danger ses sentiments. Moi, au bout de trois ans, je suis toujours dans la passion et dans le doute intense de perdre l’autre. Je ne jouerais jamais avec le feu. De plus, vivre sans lui et loin de lui est une épreuve que je subis malheureusement souvent. Le faire exprès est, de mon point de vue, une réaction complètement masochiste.

En plus, si au bout de seulement une année ils vont chacun tenter le démon et s’autoriser à aller voir ailleurs, c’est qu’effectivement il n’avait rien à faire ensemble. Autant se quitter. Dommage que ce soit dans la facétie et la déloyauté.

Et les spectateurs de cette émission, que recherchent-ils en regardant ces filles et ces hommes se déchirer ? Il faut pouvoir avoir assez de recul pour se dire que tout n’est que supercherie. Peut-être suis-je trop sensible pour regarder de façon détachée cette heure consacrée à la débauche. Quand je vois cette jeune fille pleurer en comprenant que son couple n’était pas assez solide pour résister à la tentation de la chair, ça me met en colère. Elle prend conscience devant des milliers de téléspectateurs que l’homme qu’elle aime et idéalise n’est pas celui qu’elle croit. Ce ne doit pas être évident à vivre. Il faut néanmoins garder la tête haute et avancer. Maintenant, vous pourriez me dire qu’elle avait le choix de ne pas participer à cette connerie. Et c’est vrai… Elle a accepté le risque et doit accueillir tant bien que mal les conséquences.

Je préfère garder en tête l’idée que tout n’est que fiction…

Enfin, voilà mon sentiment par rapport à « L’île de la tentation ». En même temps, j’ai conscience que beaucoup de personnes regardent puisqu’ils ont, je crois, réalisé plusieurs saisons. Donc, c’est qu’il y a un public. Si vous regardez, je serai curieuse de savoir ce qui vous intéresse dans cette émission… Peut-être que je passe à côté d’un message, que ma révolte m’empêche de voir l’intérêt de ce soi-disant divertissement de seconde partie de soirée… Ouvrez-moi les yeux !

par gwenn
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Jeudi 19 juillet 2007

publié dans : mes coups de coeur...

C’est en feuilletant un magazine féminin dans la salle d’attente chez mon médecin que j’ai eu vent de cette information : Muriel venait de faire publier son second roman !  

 

Je me souviens de cette jeune femme à la chevelure sauvageonne, à l’allure classiquement féminine et au sourire empathique qui, il y a quelques années de cela, me dispensait des cours à l’IUFM de l’académie de Caen.

Tout le monde l’appréciait. Les hommes admiraient sa beauté plastique, ses formes joliment dessinées et sa gentillesse. Les filles l’enviaient pour son charme naturel et ses connaissances pluridisciplinaires. Elle représentait LA femme et possédait les vertus de l’être idéal. Chaque jour, elle nous accueillait d’un large et sincère sourire, nous divulguait ses richesses intellectuelles, parlait à la fois de Piaget et de son chat qu’elle aimait tant observer.  

 

Rédigeant un mémoire dont le thème était « Réception et signification du conte La Belle et la Bête », Muriel m’invita à l’accompagner au salon du livre à Paris. Dans le train, son éclat extérieur et intérieur ne put échapper au contrôleur et ,avec la simplicité qui la définissait tant, entama une discussion sur un sujet certes anodin mais qui ,dans cette relation duelle cristallisée, prenait une valeur politiquement littéraire.  

 

Pourtant, il arrivait parfois que Muriel agaçait. Cette perfection esthétique et morale était si énigmatique… Etait-ce possible qu’une femme soit pourvue d’autant de charisme ? Que révélait cette supériorité toujours discrète et semble-t-il vierge de toute fourberie ? 

 

A la fin de l’année scolaire, Muriel, ancien professeur de philosophie, avait réussi sa mission : les différentes étapes du développement de l’enfant n’avaient plus aucun secret pour nous.

Entre deux cours, cette jeune lettrée mobilisa son temps et ses connaissances dans la rédaction d’un roman qui naquit officiellement cette année là : « Une gourmandise » publié aux éditions Gallimard !  

 

Nouvellement diplômée du CAPE qui m’ouvrait enfin les portes de l’enseignement, je ne pris pas le temps d’acheter sont premier ouvrage. C’est seulement suite à la parution du deuxième en ce milieu d’année que je fus curieuse de découvrir l’univers artistiquement lexicale de mon ancienne prof. Récemment, je fis donc l’acquisition de « L’élégance du hérisson »… avec bien des difficultés : il était sans cesse en rupture de stock !  

 

Muriel Barbery est devenue aujourd’hui un auteur reconnu dont l’avenir littéraire semble être plutôt bien parti…   

  

 

Résumé de l'histoire:

Renée est la concierge d’un immeuble parisien où vivent des familles bourgeoises. Elle a 54 ans, est veuve et cache aux yeux de tous son intelligence, sa sensibilité littéraire et musicale, son intérêt pour Tolstoï, Marx et Mozart. Pourtant, Paloma une adolescente de 12 ans qui ambitionne de ses suicider et Kakuro un industriel japonais vont réussir à la démasquer. Une belle amitié intergénérationnelle va naître entre eux trois… Malheureusement, le destin va se jouer de leur bonheur…   

 

 

Qu’ai-je pensé de ce livre ? 

 

Je suis mitigée… C’est une sensation étrange. J’ai à la fois beaucoup aimé et en même temps il y a une chose qui m’a vraiment gênée. Pour moi, l’histoire a été le prétexte à un catalogue de ses connaissances. Muriel Barbery a une culture générale impressionnante : elle maîtrise parfaitement les us et coutumes du Japon, ses réflexions philosophiques sur les différences sociales, le poids du passé, le mystère sont certes intéressantes, mais peut-être trop intellectualisées pour quelqu’un qui ne possède pas un diplôme de philosophie. L’auteur utilise un vocabulaire très riche que la vie courante ne nous permet pas vraiment d’utiliser. Il faut avoir un dictionnaire près de soi pour élucider certains discours qu’elle attribue pourtant à ses personnages principaux. J’ai été surprise de constater dans ce livre que certaines pensées étaient le fruit d’un esprit juvénile. L’écrivain a choisi Paloma, une petite fille de 12 ans, pour réfléchir sur le sens de l’existence. Certes, c’est intéressant mais bien que ce personnage soit surdoué je trouve cela un peu hors propos. Les mots qu’elle lui offre sont selon moi trop subtiles pour une adolescente. Je n’ai jamais entendu une ado dire «  Voulez-vous conforter votre psychanalyste dans la certitude de sa maîtrise ? Provoquez-le comme une adolescente ses parents. J’ai donc choisi de lui dire avec beaucoup de sérieux : vous croyez que ça à voir avec la Forclusion du Nom du Père ? » Puis, « Il y a quelque chose que je ne comprends pas chez Lacan : c’est la nature exacte de son rapport au structuralisme… » ??????? Pas mal, hein, pour une gamine de 12 ans ?!!? 

 

Bon, malgré ces critiques, j’avoue avoir versé une larme à la lecture du dernier chapitre. La fin n’était pas prédestinée. L’écrivain m’a vraiment étonnée. Et c’est avec une certaine nostalgie et un petit pincement au cœur que j’ai dû quitter Renée la concierge, Paloma et Kakuro…  

 

Je vous informe également que l’univers de Muriel Barbery m’a séduite et que finalement ,avec cette curiosité qui me caractérise tant, je suis allée acquérir son premier ouvrage… Ne dit-on pas « qui aime bien, châtie bien ? »…

 

 

par gwenn
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