Souvenez-vous de cette célèbre chanson de Jean-Jacques Goldman… " Elle met du vieux pain sur son balcon
pour attirer les moineaux, les pigeons…Elle vit sa vie par procuration devant son poste de télévision… "
Les paroles de cette chanson reflètent souvent l'état d'âme des adolescentes qui ont du mal à s'affirmer dans un corps qui change. Trop de bouleversements engendrent souvent une perte d'identité, c'est pour cela que les fan-clubs connaissent un si vif succès. Les jeunes filles ont besoin de s'identifier à quelqu'un, une personne qui leur ressemble ou au contraire qui semble à l'opposé de ce qu'elles peuvent être, elles. Elles l'admirent certes, mais au-delà de cette admiration il existe une envie d'être cette personne, de vivre ce qu'elle peut vivre. Ce désir amène parfois l'adolescente à adopter le style vestimentaire de la star qu'elle admire. Revivez les années 80 où, dans les rues new-yorkaises, où on ne rencontrait que des petites Madonna : cheveux décolorés, mini-jupe noire, débardeur volontairement délabré et collants troués.
Madonna est devenue une icône, elle a
suscité un intérêt certain auprès des jeunes américaines. Ce n'est pas grave au sens médical du terme… pour certaines…malheureusement pour d'autres, c'est plus délicat. L'identification est trop
importante : elles veulent vivre la vie de Madonna et vont jusqu'à s'oublier elles-mêmes. Elles ne s'appellent plus Caroline, Jessica,… mais Madonna bis. Elles veulent devenir chanteuses comme
leur idole. Jusqu'où peut aller cette identification ? Jusqu'à l'extrême : l'érotomanie. Elles n'existent plus en tant qu'individu singulier. Non, elles perdent tous leurs repères et vivent par
procuration une vie de célébrité. Mais combien d'entre elles parviendront à gravir les échelons pour avoir une vie publique ? La dure réalité des castings leur fait perdre toute illusion et là,
c'est la fin… Que leur reste-t-il ? Elles n'ont vécu que dans l'espoir de partager un jour le quotidien de leur idole… Bien souvent, c'est
la descente aux enfers. Elles se font manipuler par des producteurs crapuleux et finissent par ne plus avoir aucune estime d'elles-mêmes. Combien de filles finissent par coucher à droite à gauche
en gardant l'espoir qu'un jour quelqu'un remarquera leur talent ? Mais quel talent ? Celui d'être la réplique exacte de quelqu'un qui existe déjà ?
Ces jeunes filles n'ont pas confiance en ce qu'elles sont, elles. C'est
pour cette raison qu'elles se perdent à ressembler à quelqu'un d'autre. Souvent, malheureusement, ce sont des filles qui n'ont pas été élevés en entendant des mots valorisants pour leur
construction psychologique. Au contraire, des phrases telles que : " mais qu'est-ce que tu fais à l'école ? Tu ne sais rien ! " ou encore " Mais tu t'es vu avec tes kilos en trop ! Tu ne
trouveras jamais de petit copain ni de travail ? Qui voudrait de toi ? " Forcément, ces paroles n'aident pas à grandir dans un esprit serein et optimiste. Quand on débute sa vie en entendant des
critiques élogieuses sur soi, on grandit en ayant confiance en ce qu'on est. Pas besoin d'aller chercher un modèle à imiter. On est soi-même, un être singulier et pensant qui, tout au long de sa
vie, va essayer de répondre à ses propres désirs. Au contraire, vivre dans une atmosphère où notre être est constamment dégradé engendre un mal-être qui sera gravé dans notre chair toute notre
vie. Certes, une aide psychologique pourra atténuer ce malaise vital, mais on pourrait quand-même dire que " c'est trop tard, le mal est fait ". Notre être se construit dans les cinq premières
années de notre vie. Je ne dis pas que c'est irrémédiable, quoique… mais en tout cas, il est difficile ensuite d'être une personne joyeuse et optimiste qui se sent capable d'abattre tous les murs
qui se dresseront devant elle plus tard. Je ne dis pas non plus que tout ça est la faute des parents, là encore je dirais… quoique…J'ai absolument conscience qu'il est très difficile d'élever un
enfant dans notre société actuelle. Les parents travaillent plus longtemps, sont moins disponibles pour leur enfant… Néanmoins, quand on désire vraiment un enfant, il faut évaluer avant ce que
cela exigera comme besoins, voire sacrifices. Aimer son enfant est certes l'essentiel, savoir lui donner confiance en lui est tout aussi important pour sa vie future d'adolescent et d'adulte.
Dans ce cas, pas besoin de s'identifier à Madonna. On est soi et on est bien. On a la vie qu'on a, mais au moins, c'est la nôtre !




En effet, certains parents perçoivent l’école comme l’unique institution permettant à leurs enfants de s’instruire et d’accéder à une bonne éducation. Or, ce n’est pas le
cas. Certes, l’enfant acquiert la plupart de ses apprentissages à l’école, ceci est une évidence. Néanmoins, la cellule familiale a également un rôle essentiel et doit contribuer au développement
intellectuel de l’enfant. Là encore, le niveau social de la famille n’a aucune importance. Prenons mon cas. Je suis issue d’une famille de classe modeste puisque mon père est dans le bâtiment et
ma mère aide à domicile. Cela ne les a pas empêché de me faire découvrir plein de choses intéressantes qui m’ont permises de développer ma curiosité. Certains dimanches, nous allions visiter des
musées d’art, de patrimoine… Quand les beaux jours apparaissaient, nous allions nous promener dans les forêts et nous découvrions la faune et la flore… C’est cette découverte en direct du monde
que l’école ne peut pas toujours offrir aux élèves. C’est pourquoi il est indispensable que les parents prennent conscience de l’importance de leurs rôles, éducatif et
pédagogique. Observer la nature lors d’une promenade, visiter des expositions vont permettre à l’enfant d’acquérir une certaine culture que l’école enrichira au fur et à mesure.


Parfois, lorsqu’il y a des soucis à la maison, les enfants ne réussissent pas à se concentrer
sur les apprentissages. Leur attention est davantage focalisée sur ce qu’ils vivent au sein de leur cellule familiale. Bien sûr, personne ne peut éviter les problèmes. Chacun d’entre nous connaît
ou a connu des obstacles au bien être et au bonheur. La vie parfaite est un idéal véhiculé par les contes de fées, les histoires de princes et de princesses car elles contribuent à développer
l’imaginaire des enfants. De plus, d’un point de vue pédagogique, ces contes permettent de débattre sur des sujets de société : l’esclavage avec Cendrillon, le culte de la beauté imposé par
les médias à travers le conte de La Belle et la Bête … Malheureusement, ces narrations restent utopistes…mais je suis certaine que bon nombre d’entre nous a espoir qu’un jour leur vie ressemble à
ces belles histoires et qu’il y aura un « happy end ! »… Quoiqu’il en soit, les soucis sont toujours présents dans les familles et les enfants y sont aussi confrontés. Il ne faut
pas les sous-estimer. Ils voient ce qui se passe, analysent, se posent des questions et souvent se sentent coupables. Quels que soient les aléas qui peuvent survenir dans le quotidien d’une
famille (décès, divorce, problèmes d’addiction comme l’alcoolisme ou la drogue, dettes…), ils se remettent souvent en question et pensent inéluctablement : « c’est de ma faute ».
Alors, au lieu de se concentrer sur les sons et les syllabes, sur les calculs ou autres domaines d’études qui leur semblent futiles par rapport aux réalités familiales, le jeune enfant rumine
sans cesse sur ce qu’il vit à la maison. Pourquoi essayer de comprendre les additions quand, le soir à la maison, il va devoir supporter la vue de ce père qui boit et crie sur tout le
monde ? Certes, tous ces problèmes ne sont pas le quotidien de toutes les familles, et heureusement d’ailleurs, mais même les problèmes qui, aux yeux de l’adulte, paraissent insignifiants,
prennent, aux yeux de l’enfant, une importance capitale.
Ecouter
l’enfant dire, c’est essentiel. Une dispute entre les parents qui, dans le couple n’a aucune incidence, va inquiéter l’enfant jusqu’à le rendre physiquement malade. Plus d’une
fois, j’ai pu observer cela avec les élèves de ma classe. Ils ont mal au ventre sans raison médicale. Certains ont des peurs inexpliquées. Ayant une imagination fertile qui, en plus, est soutenue
par ce qu’ils peuvent observer à la télévision, les enfants amplifient des événements qui ne sont pas si importants que cela. 

































A vos plumes...