
J’en veux à ma prof de steps d’enchaîner les pas sans tenir compte de mes difficultés,
J’en veux à Jérémy qui, chaque jour, oublie ses lunettes pourtant essentielles à cet élève de CP,
J’en veux à ces aphtes qui me brûlent innocemment l’intérieur de ma bouche,
J’en veux à ces boutons qui enlaidissent mon visage et me donnent une allure d’adolescente,
J’en veux à mes cheveux de devenir aussi secs et de perdre ainsi leurs si jolis reflets,
J’en veux à ma balance qui joue avec mon poids et mes nerfs,
J’en veux à cette solitude qui me fait souvent pleurer,
J’en veux à ce temps qui avance,
J’en veux à ces années qui passent et qui me vieillissent,
J’en veux à cet état de faiblesse qui envahit actuellement mon corps et mon âme,
J’en veux à mes rêves qui s’envolent dans un souffle léger,
J’en veux à mes yeux qui s’inondent chaque soir de larmes et rougissent mes joues,
J’en veux à cette peur qui s’empare de moi quand je pense à l’avenir,
J’en veux à cet enfant qui n’est pas encore là mais que j’aime déjà,
J’en veux à cet homme qui n’a pas su m’aimer comme je le voulais,
J’en veux à mon corps qui a gâché ma vie,
J’en veux à ma mère de ne pas m’avoir dit que j’étais quelqu’un de bien,
J’en veux à mon père qui me démontre souvent que je ne sais rien,
J’en veux à ma sœur d’être parfois trop dure avec moi,
J’en veux à ma Timichou d’être partie trop tôt,
J’en veux à mes cousins de ne pas vouloir effacer les erreurs de nos parents respectifs et de rester silencieux face à mes appels,
J’en veux à Minou de capter toute l’attention de ma mère et d’avoir du pâté Perle alors qu'elle, mange du Eco Plus,
J’en veux à mes élèves de CP de ne pas vouloir entrer dans l’apprentissage de la lecture,
J’en veux à mon agence qui me rend responsable d’un dégât des eaux dans mon immeuble sans avancer de preuves,
Je m’en veux à moi de ne pas voir la vie en rose, de l’assombrir chaque jour qui passe et de ne pas croire en un futur radieux,
Je m’en veux de penser au pire,
Je m’en veux de ne pas avoir confiance en moi,
Je m’en veux de ne plus sourire à la vie,
Je m’en veux…
Je m'en veux d'écrire cela sans ressentir aucune colère... Un orage intérieur m'aiderait peut-être à me relever...
Mais je n'ai aucune rage... Au contraire...
Pourtant, je veux croire que le temps m’aidera à y voir plus clair, à accepter mes choix, à être une femme de 31 ans épanouie et heureuse… Je veux croire que ma force intérieure va revenir...
Je veux y croire…








































A vos plumes...