Dans ce deuxième article sur mes coups de coeur, je vous parlerai de nouveau de deux livres qui m'ont particulièrement touchés.
Le premier "Hell" de Lolita Pille est un roman dont la morale pourrait être : l'argent ne fait pas le bonheur.
Le second "Avant mon suicide" de Robert Lefort est une autobiographie posthume dont la morale pourrait malheureusement être: le manque d'argent fait le malheur... 
Hell de Lolita Pille
Editions Livre de Poche, 2002, 4 euros 50

"Je ne me suis pas encore présentée. Mes parents m'ont appelée Ella et j'ai toujours haï ce prénom de petite fille sage et adulée que je ne suis pas. Pour mes amis, j'étais Elle, mais ça ne me plaisait pas non plus, m'appeler comme la fille qui passe dans la rue ou un magazine féminin ou un super top model ou celle qui a fait la bêtise. Alors, je me suis rebaptisée pour moi seule et pour ceux qui me comprendront. Je m'appelle Hell; je suis prédestinée."
Peut-être avez-vous déjà entendu parler de ce livre qui a inspiré récemment un film: HELL. Je ne suis pas allée le voir au cinéma : il n'est pas assez resté longtemps à l'affiche... Pourtant, ce roman est un petit chef d'oeuvre...
Il raconte la vie luxurieuse et si malheureuse d'une jeune fille de bonne famille, Ella alias Hell. Malgré des billets plein le sac Chanel, une Porsche comme moyen de locomotion, des soirées VIP sur des paquebots magnifiques, Hell ne trouve pas le bonheur. Son être entier est envahi par un sentiment lucubre de tristesse infime qui la pousse alors à jouer macabrement avec sa vie. Alcool et drogues empoisonnent son sang juvénile et lui offrent momentanément l'illusion d'une vie épanouie.
Et puis un jour, Hell n'a pas assuré. Après s'être abandonnée aux caprices sexuels d'un jeune bourgeois rencontré aux hasards d'une soirée parisienne, elle se retrouve enceinte. A 17 ans, en pleine popularité artificielle, on ne rêve pas de fonder une famille, loin de là... Elle se fait alors avorter dans une riche clinique, sans aucune ombre de culpabilité. Hell n'a pas de coeur; elle n'aime pas, ne déteste pas. Pire que tout, le sentiment qui l'anime est l'indifférence. Indifférence aux autres, à elle même.
Pourtant, c'est en passant devant un magasin d'accessoires pour bébé que Hell montre sa faiblesse. Elle pleure. Des larmes inondent son si joli visage. Elle pleure sa triste vie...
Et c'est là qu'elle rencontre Andrea, un jeune aristocrate d'une beauté incroyablement sensuelle. Ils vont alors se voir, se revoir, s'aimer, se détester, surmonter ensemble les méandres de la vie, mais aussi se déchirer... Une histoire comme Hell n'en a jamais eu: avec de vrais sentiments. Elle est lui, il est elle. Ils se comprennent, se respectent, s'aiment d'un amour passionnel, destructeur. ..Fusion...
Hell flirte avec le bonheur, elle en a peur. Mais le bonheur n'est qu'une illusion, un effluve éphémère. A vivre à toute vitesse, passionnément et sans limite, on jongle avec sa propre mort...
"J'ignore tout de ce désespoir hurlant contre lequel je ne peux rien..."

Avant mon suicide de Robert Lefort,
Christophe Chomant Editeur, 2000, 10 euros.

"Quand je suis arrivé dans cette ville qu'est Toulouse, j'ai joué le solitaire. C'est là que j'ai arrêté de boire. Il faut reconnaître que je n'avais plus beaucoup d'argent sur moi. Alors j'ai gardé le peu qu'il me restait pour mon tabac, argent qui a vite fait par me manquer... J'ai fini par ramasser des mégots... Oh, sans fierté!Je le faisais le plus discret possible car le tabac me manquait plus que l'alcool (chose incroyable car j'avais imaginé le contraire!)."
Alors là, tenez-vous bien car ce livre déstabilise complètement... pas par son écriture qui est directe et simple, voire même trop simpliste, mais par son histoire... "Avant mon suicide" est une autobiographie posthume. Elle a été publiée après le décès de son auteur.
Robert Lefort tenait une sorte de journal intime dans lequel il peignait les difficultés de sa vie de SDF. Après avoir trouvé du soutien auprès d'un prête, l'homme avait enfin réussi à retrouver sa dignité en travaillant et en ayant un logement. Mais cet équilibre était très fragile. Un trop perçu réclamé par les ASSEDICS a fait de nouveau sombré Monsieur Lefort dans une déchéance sans issue. Il s'est donné la mort.
Ce livre est un témoignage puissant, surprenant, déconcertant. En lisant au fur et à mesure ces pages, on a notre coeur qui se serre: on aurait tellement voulu l'aider cet homme là...
Tant de gens vivent dans la rue. Souvent, et moi la première, je passe devant eux avec comme seul bagage un sourire. Je donne parfois quelques pièces, mais presque rien. Je ne roule pas sur l'or, loin de là. Les fins de mois sont souvent difficiles, mais eux n'ont plus rien. Plus de maison, plus de lit, plus de chauffage, plus d'eau pour se laver, plus de dignité, plus de fierté, plus de respect pour eux-mêmes. L'été, il faut l'avouer, on pense un peu moins aux SDF car le temps est meilleur, les conditions météorologiques sont plus faciles à affronter... Pourtant.... Leur vie est la même: sous les ponts, à dormir dans des cartons, avec la peur au ventre d'être agressé... Notre société est de plus en plus individualiste... Lisez ce livre: il vous fera voir le monde différemment...
"Je suis au bout. J'ai tout fait pour m'en sortir mais là, ça creuse ma tombe!" écrira-t-il à ses amis dans le dernier mot qu'il leur laisse.
Cet éditeur a sa maison d'éditions en Normandie. Pour prendre contact avec lui afin de commander cet ouvrage (je ne pense pas que vous puissiez le commander dans les grandes librairies, mais je me trompe peut-être...), je vous donne ces coordonnées:
mail: christophe.chomant@wanadoo.fr
Tél: 02.35.07.71.24 (Rouen)




Je pense à mon amoureux… Il est loin de moi. J’aurai tellement besoin de sa tendresse, de ses câlins, de son amour pour me réconforter, me rassurer. Je m’imagine enlacée tendrement dans ses bras vigoureux mais si tendres. Sa tête enfouie dans le creux de mon cou. Ses lèvres si sensuelles effleurant la peau de ma nuque. Ses mains posées délicatement sur mes hanches. Pas besoin de paroles, seule la présence de son bien aimé peut redonner à un cœur meurtri les jolies couleurs de l’arc-en-ciel.
Timichou, où es-tu ? Tu me manques tellement… Ma grand-mère, ma seconde maman… Je ferme les yeux et je vois ses mains. C’est le seul souvenir qu’il me reste d’elle. Ses mains vieillies par le temps, jaunies par la maladie… Ces mains qui caressaient ma joue d’enfant, qui me tenait comme un trésor d’une préciosité rare… Tout son amour pour sa petite fille transpirait par ses mains… Aujourd’hui, elle n’est plus là pour m’embrasser, pour me préparer mon petit chocolat chaud, pour me tricoter de jolis pulls… Elle veille sur moi, je le sais. Du toit du monde, elle me regarde et me montre le chemin du bonheur.
L’orage a cessé. Le soleil perce entre les nuages encore gris de peine. Le temps s’enjolive, mon cœur retrouve l’espoir. Un petit espoir, une grande espérance. L’aura de mon ancêtre atteint délicatement mon âme. Elle ouvre les portes de la défaillance et aspire les effluves d’un bonheur retrouvé. 

































A vos plumes...